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La Côte du 14 mai 2010 - Courrier des lecteurs

A propos de la fusion en Terre Sainte


A l'heure actuelle, la multiplication des Conseils intercommunaux pour les écoles, les services industriels, la culture, etc., tue la démocratie. Les différents représentants des exécutifs et législatifs communaux y prennent des décisions sans jamais pouvoir en référer au préalable à leurs Conseils respectifs. Il en va de même de la fameuse «assemblée» des syndics de Terre Sainte et du pot commun dont il est fait usage à leur bon vouloir.

Bien que le système fonctionne et qu'à ce jour aucun abus manifeste n'ait été décelé, cette pratique est bien éloignée d'un système démocratique ouvert et transparent. Sans omettre d'évoquer le coût engendré par la multiplication des réunions de ces différents aréopages.

Dire qu'il est trop tôt pour une fusion relève d'un réflexe typiquement vaudois visant à attendre que les autres décident. Nous avons la chance de pouvoir sculpter une nouvelle organisation avec une certaine liberté dans l'organisation et ses structures. Attendre reviendrait à prendre le risque que, suite aux pressions notamment fédérales, nous en soyons réduits à devoir accepter et nous fondre dans une organisation concoctée par d'éminents spécialistes fort éloignés de nos réalités quotidiennes.

Les exemples dans d'autres cantons sont là pour le démontrer. La peur des partis politiques ne peut que faire sourire. Appeler une liste électorale «Entente communale» ou «Renouveau de la commune» revient au même que coller des étiquettes «Radical» ou «Socialiste». Le citoyen est et restera toujours celui qui décide et qui, cela
se remarque à chaque élection avec les listes manuscrites ou modifiées, votera avant tout pour des personnes et non pour des partis. Enfin la taille de la nouvelle commune, en population la quatrième ou cinquième du canton, ne doit faire peur à personne. L'évolution démographique suivra son cours sans subir de changement notable, les lois concernant l'aménagement du territoire sont toujours les mêmes. Le seul point discutable reste l'identité villageoise, la bourgeoisie. Mais quelle proportion de la population résidante est bourgeoise de nos communes de Terre Sainte? A peine 10% et pour une tranche d'âge élevée, ce qui donc ne devrait pas susciter de véritables montées de bouclier.

En 2001 lorsqu'il a fallu se prononcer sur la fusion des huit corps communaux de sapeurs-pompiers, pour certains il s'agissait d'une utopie, pour d'autres d'un démantèlement irréalisable et irréaliste. Les déjà huit années d'existence du CDIS Terre Sainte ont démontré tout le bien fondé de cette fusion. Aujourd'hui ses membres ne parlent plus de leurs communes respectives mais sont bien tous de Terre Sainte, ils se sont forgés une nouvelle identité. Pour ma part je suis et reste convaincu que la fusion de nos huit communes représente notre avenir et surtout celui de nos enfants. Ne ratons pas cette magnifique opportunité de créer une nouvelle société, de rapprocher des hommes et des femmes, de les réunir sous une nouvelle et même identité, et de nous doter de structures modernes, démocratiques et fonctionnelles.

JACQUES EVRARD,